11 Mar La Révolution Chantante

La révolution Chantante

Ce film, réalisé par James et Maureen Tusty et sorti en 2006, retrace les événements de l’histoire récente de l’Estonie, de l’annexion des pays baltes par l’URSS jusqu’à leur indépendance, via des témoignages et des images d’archives. Les témoignages sont extrêmement variés, des résistants à l’ancien président estonien Lennart Meri.

Le film « La Révolution Chantante » permet un focus sur l’histoire particulière de l’Estonie, de différencier son émancipation de celle des autres pays baltes (Lettonie et Lituanie). Le documentaire prend aussi un parti pris général qui est celui de l’espoir et du pacifisme. Il semble fait dans l’idée de montrer au monde la résilience, la patience et le courage des Estonien-nes, qui restaient prêt-es au combat (dans les derniers jours de l’occupation soviétique) sans pour autant céder à la violence.

Je pense notamment à une scène très forte qui a eu lieu en mai 1990. Des militant-es russes pro-Soviétiques ont tenté un coup d’État contre le Parlement estonien. Les représentant-es ont appelé le peuple estonien à la rescousse, et celui-ci a encerclé le palais ; et là où l’on se serait attendu à une inévitable guerre civile, sanglante, on assiste en fait à un rassemblement pacifique, ferme, qui chasse les militant-es opposé-es sans violences physiques, et en chantant, s’il vous plaît.

En chantant, oui, et j’y viens : La révolution chantante

La musique, mais surtout le chant, est le fil rouge de ce documentaire. Il montre comment la nation estonienne est restée unie sous l’occupation soviétique, à travers les chants estoniens, qu’ils soient traditionnels ou créés pour l’occasion.

Tous les 5 ans a lieu à Tallinn un festival de chant et de danses estoniennes qui rassemble des chorales d’habitant-es de tout le pays, appelé Laulupidu. Ce festival a été maintenu pendant le régime soviétique, encore que modifié – la majorité des chants étaient bien sûr à la gloire du régime. Mais en 1947, lors du premier festival sous l’occupation, a été créée le chant Mu isamaa on minu arm (Terre de mes ancêtres, terre bien-aimée). Composé par Gustav Ernesaks à partir d’un poème de Lydia Koidula, il fut une sorte d’hymne non-officiel pendant l’occupation soviétique (l’hymne officiel étant maintenant Mu isamaa, mu õnn ja rõõm

Le but du film est vraiment de montrer à quel point

le chant est une tradition profondément ancrée dans la culture estonienne. Lorsque nous avons, à la fin du film, la chance de découvrir le grand chef d’orchestre estonien Hirvo Surva, il lui est demandé comment il en était venu à faire de la musique. Il nous répond que sa mère faisait partie d’une chorale, sa grand-mère aussi, son père était musicien, etc. Et c’est un peu le témoignage de toutes les personnes que l’on peut voir dans ce film : la musique est quelque chose de traditionnel, de familial.

Il est donc logique, mais frappant, de voir à quel point la résistance estonienne s’est faite à travers la culture et le chant, tout au long de l’occupation soviétique. Ce n’est pas pour dire que d’autres formes de résistance n’existaient pas, les Frères de la forêt par exemple sont l’équivalent balte de nos maquisards français, et le film aborde cette question. Mais le premier acte de résistance uni, de la nation estonienne toute entière, du moins tel que le film le présente, eu lieu au Laulipidu, lorsqu’en 1969, pour le centenaire du festival, la foule chanta avec les chœurs Mu isamaa on minu arm, malgré les ordres répétés des autorités soviétiques de quitter la scène.

Plus tard dans le siècle, ce fut à travers l’histoire et la musique que le mouvement pour l’indépendance de l’Estonie se développa. Avec l’arrivée de Gorbatchev, des associations culturelles aux volontés politiques testèrent les limites de la glasnost (liberté d’opinion), notamment la Heritage society, une sorte de société historique, qui organisa une première réunion publique pour parler du pacte germano-soviétique (qui avait permis l’annexion de l’Estonie).

C’est ensuite un festival musical, en 1988, qui vit réapparaître le drapeau estonien en public, et donna le départ à la suite d’évènements que l’on appelle aujourd’hui la révolution chantante, et qui aboutirent à l’indépendance de l’Estonie.

Aujourd’hui, d’après Hirvo Surva, le chant est toujours quelque chose de très populaire en Estonie ; toutes les écoles ont entre deux et quatre chorales, et les grands festivals de chants rassemblent environ 1/3 de la population en un même lieu. Sachant qu’il y a environ 1,3 millions de personnes en Estonie, ça fait quand même une sacrée foule! Texte d’Achaela. Etudiante à Tallinn, Estonie. Merci à elle. 

Projection exceptionnelle du film  » La Révolution Chantante »
VOST

Dimanche 11 mars 

17h à la Maison Saint Nicaise   18, rue Poussin 76000 ROUEN

Tarifs

Entrée à 7 Euros prix public , 4 Euros pour les  adhérents, étudiants ou demandeurs d’emploi, allocataires ….
Pensez à réserver, la capacité de la salle est limitée …..

2 comments on “11 Mar La Révolution Chantante
  1. Behour Monique dit :

    Bonjr c Monique behour chorale de petit quevilly .
    Suis interessee reservation film du 11mars .
    Le film dure combien temps . ??
    actuellemt peut pas rester trop longtemps assise . merci

  2. Chantal_C dit :

    Quel beau documentaire, d’une grande sensibilité.
    Ce peuple qui a souffert d’une manière inimaginable, a réussi a garder la flamme de l’espoir.
    Nous devons les soutenir contrairement à ce qu’a pu dire un dirigeant politique français ignorant (que je ne nomme pas).
    Prenons exemple pour garder nos valeurs culturelles qui sont en train de disparaître !!
    Ce film serait peut-être intéressant à présenter aux jeunes, dans des ateliers pédagogiques, pour qu’ils découvrent les horreurs des régimes totalitaires.

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